Le Phalanstère du bout du monde
Corbeyran (scé), Bouillez (ill.)
Delcourt
116 p.


Un phalanstère, lieu créé pour faire vivre une utopie, devient un cauchemar pour le jeune Jean. Il devait y avoir la chance de percer dans la société, d'épanouir son esprit d'invention. Il y perd son nom, sa personnalité, sa vie. Une BD en noir et blanc, surtout en noir. Jean, qui devient rapidement Jean-sait-rien, va vivre un long cauchemar, de jour comme de nuit, avec une seule étincelle de joie vite perdue. Mais étant lui-même déjà perdu, cela n'a en fait plus beaucoup d'importance.
On ne sait pas bien où l'on se trouve. Dans une description d'école empirique et malade. Dans un livre de vampire. Dans un essai social. Peut être le dernier. J'ai eu l'impression qu'il y avait 115 pages qui étaient en fait l'écrin d'une seule, la 92, où un Pépère, le seul autre enfant qui sort du scénario, explique la raison du phalanstère.
Une BD triste, qui ouvre chacun de ses chapitres avec une citation, une parole d'un grand de la littérature. Des citations qui n'apportent aucune lumière. Une BD qui laisse dans une sensation d'infini fatalisme.
Dilvich