La musique d’une vie
Andreï Makine
Seuil
128 p.




Une gare figée par l’hiver russe, une salle d’attente peuplée de gens fatigués et patients, une musique qui devient le fil conducteur de l’histoire. Andreï Makine a posé le décor.
Alexeï Berg est pianiste et va donner son premier concert le 24 mai 1941, mais c’est également l’époque de l’offensive allemande vers la Russie. Le cours des vies est perturbé par cette guerre ; certains meurent, certains fuient, d’autres se cachent…
Alexeï survivra à cette guerre et deviendra quelqu’un d’autre avant de se faire rattraper par la musique.
Un livre superbe à lire, à relire, à conseiller, à offrir !
Grand Prix RTL-Lire 2001
Christelle Divry



Une langue parfaite (presque trop), un récit magnifiquement mené, où presque tout repose sur deux scènes particulièrement fortes et symboliques : la première scène se passe dans une gare perdue de l'Oural, en pleine tempête ; le narrateur y surprend un vieil homme assis devant un piano, qui déplace ses mains sur les touches sans presque jamais en tirer un son. Dans le voyage qui les mène à Moscou, le vieil homme va raconter sa vie au narrateur. En 1941, il s'appelait Alexeï Berg, c'était un jeune pianiste promis à un grand avenir. Mais les purges, puis la guerre, puis la vie en ont décidé autrement. Le tournant décisif se fait pendant la guerre, au cours d'une scène qui le voit errer sur un champ de bataille à la recherche d'un cadavre qui lui ressemblerait suffisamment pour qu'il puisse usurper son identité. Dès lors, et pour le reste de son existence, le voici condamné au mensonge.
Pourtant, malgré sa noirceur, ce roman n'est pas celui d'une vie ratée, mais plutôt d'une existence inachevée que la musique, symbole de la beauté, continue à soutenir.
Nelly Longelin