Secrets de Polichinelle
Alice Munro
Rivages poche
337 p.



Huit nouvelles composent ce recueil d’une manière originale puisqu’elles racontent des histoires différentes arrivées à des époques différentes à des personnes pouvant être liées entre elles. Elles ont aussi comme point commun d’évoquer une lettre qui chamboule, explique ou provoque le destin.
La première lettre est certainement la plus touchante car elle provient du front où un soldat écrit à la bibliothécaire de sa ville, alors que celle-ci ne le connaît pas. Elle entretient ce lien épistolaire et espère le retour de ce mystérieux soldat.
Les personnages des nouvelles sont en majorité des femmes au caractère fort qui préfèrent se sacrifier plutôt que de vivre une existence fade.
Ainsi, à la suite d’un accident, Charlotte, dans la Vierge albanaise, renonce à sa vie de femme pour devenir une Vierge, vivant seule, renonçant aux devoirs, obligations mais aussi joies d’une vie de femme. Admise parmi les hommes, elle reste cependant à la merci de cette communauté étrangère. Mais la paix est relative et Lottar, alias Charlotte, va changer une nouvelle fois de vie. Les cartes sont tellement battues qu’on ne sait plus qui est qui, on ne sait plus démêler le vrai du faux.
J’ai particulièrement aimé Un endroit désert où, une fois de plus, le point de départ de l’histoire est une lettre. La encore, il est difficile de savoir où se trouve la vérité dans cette histoire de meurtre ou d’accident.
La dernière nouvelle, Vandales, laisse un goût amer vu le sujet abordé : le plaisir de la destruction ou d’une pseudo-vengeance !
Le tout est magnifiquement mené, construit.
Christelle Divry